À l'occasion de plusieurs anniversaires symboliques, la ville de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes) met en lumière son modèle de restauration scolaire avec les portes ouvertes de sa ferme municipale le 3 juillet. Entre cuisines intégrées dans chaque école, cantine 100 % bio, ferme municipale et actions de sensibilisation, la commune s'est imposée comme une référence en matière d'alimentation durable.
Cette année marque notamment les 15 ans de la cantine 100 % bio, les 15 ans de la régie municipale agricole qui produit les légumes servis aux élèves, les 10 ans de la Maison d'Éducation à l'Alimentation Durable (MEAD) et les 25 ans du choix de maintenir une cuisine dans chaque école.
Loin des cuisines centrales, la municipalité a fait le pari de conserver trois cuisines de proximité afin de privilégier une cuisine réalisée sur place, au plus près des élèves. Ce modèle permet de cuisiner certains plats au fil du service, d'améliorer la qualité gustative et de mieux ajuster les quantités préparées afin de limiter le gaspillage alimentaire.
Une stratégie globale de maîtrise des coûts
Le passage au 100 % bio, engagé en 2008, s'est accompagné d'une stratégie globale de maîtrise des coûts. Grâce à une réduction de près de 80 % du gaspillage alimentaire et à l'introduction de 50 % de menus végétariens, la commune affiche un coût d'achat des denrées de 2,31 € par repas et goûter, un niveau comparable à la moyenne nationale malgré un approvisionnement intégralement biologique.
Pour sécuriser son approvisionnement en légumes locaux, Mouans-Sartoux a également créé en 2011 une régie municipale agricole. Exploitée sur six hectares par quatre agriculteurs municipaux, elle produit aujourd'hui 26 tonnes de légumes biologiques par an destinées aux cantines, aux crèches et à l'épicerie sociale. Cette initiative a inspiré la création de plus de 120 fermes publiques en France.
Accompagner les projets de transition alimentaire
Créée en 2016, la Maison d'Éducation à l'Alimentation Durable (MEAD) coordonne l'ensemble de cette politique alimentaire. En dix ans, elle a accompagné près de 1 000 collectivités dans leurs projets de transition alimentaire et mené de nombreuses actions auprès des habitants.
Les études conduites par le CHU de Nice et l'Université Côte d'Azur mettent en évidence les effets de cette démarche. Elles montrent notamment une baisse du surpoids chez les enfants fréquentant les cantines municipales et une évolution des habitudes alimentaires des habitants, avec une diminution des produits ultra-transformés et de la consommation de viande, une hausse de la consommation de produits biologiques et, à la clé, une réduction estimée de 26 % de l'empreinte carbone liée à l'alimentation.
E.L.
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