Le sensible au cœur des comportements alimentaires

Restauration Collective

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Le sensible au cœur des comportements alimentaires
©Shutterstock

Stress, joie, nostalgie : qu’est-ce qui se joue vraiment dans nos assiettes ? Les travaux portés par la Chaire Unesco Alimentations du monde invitent à décloisonner les savoirs pour reconnaître pleinement la place du sensible et des émotions dans notre rapport à la nourriture. « Manger – Que d’émotions ! » était la thématique de son 15e colloque annuel début février à l’Institut Agro Montpellier.
Karine Averty 


 


Les sciences sociales ont progressivement mis en évidence que manger ne répond pas uniquement à un besoin physiologique. Les émotions (de la joie à l’anxiété, en passant par la nostalgie, la culpabilité ou l’excitation) influencent directement nos choix, nos quantités et nos préférences. Les recherches présentées lors du colloque Chaire Unesco Alimentations du monde soulignent que l’« alimentation émotionnelle » consiste précisément à manger pour réguler un état affectif plutôt que pour satisfaire la faim.


Cuisiner et manger, des actes relationnels
Selon la nutritionniste Sandrine Péneau, les émotions positives tendent à accroître la consommation, tandis que les émotions négatives peuvent soit la réduire, soit orienter vers des aliments riches en énergie, capables de procurer un soulagement immédiat. Ces mécanismes reposent sur des processus neurobiologiques impliquant dopamine, sérotonine ou cortisol. La nourriture devient alors un outil de régulation émotionnelle, appris dès l’enfance par conditionnement social et culturel. Cependant, cette régulation par l’alimentation peut avoir des effets ambivalents. Si partager un repas apaise et renforce le bien-être, le recours systématique à la nourriture pour gérer


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