Ils ont officialisé leur ambition par une tribune. Le 26 février, lors du Salon international de l’Agriculture (SIA), les représentants de la restauration collective et des filières agricoles ont réaffirmé leur volonté de faire de ce secteur un levier de souveraineté alimentaire. « Nous nous engageons à défendre un modèle agricole d’excellence en privilégiant de la viande française d’exploitation familiale tout en respectant le bien-être animal, et à garantir des débouchés pérennes, des volumes prévisibles et une juste rémunération à nos partenaires agricoles », a énoncé Isabelle Aprile, présidente du SNRC, lors de la conférence organisée sur le stand d'Interfel.
Le secteur affiche déjà des résultats sur l’origine France (71 % de la viande, 95 % des œufs, presque 100 % de la volaille fraîche, malgré les difficultés de production) mais atteindre les 100 % reste difficile, en raison du manque de prévisibilité des ressources, de la diminution du nombre d’exploitations de la concurrence des importations et de budgets contraints. « Nous appelons au renforcement des budgets de la restauration collective », a lancé Isabelle Aprile, citant une étude de l’Ademe qui chiffre un besoin de 2 € par repas. « Il faut faire prendre conscience que l'alimentation française de qualité a un coût. »
Aller plus loin
Les interprofessions et filières (viande, volaille, oeufs, fruits et légumes, bio) ont salué ces efforts et encouragé la restauration collective à aller plus loin. « La contractualisation est un enjeu clé » a souligné Olivier Feno-Feydel, président de l’Union nationale des grossistes de fruits et légumes (UNCGFL). Au passage, Daniel Sauvaitre, président d’Interfel, a regretté que le gouvernement n’utilise pas l'intégralité de l’enveloppe destinée à la distribution de fruits et légumes à l’école. La principale marge d’amélioration réside sûrement dans la part de produits bio. Chargé de la restauration à l’Agence Bio, Julien Picq a constaté 516 M€ d’achats bio en 2024, contre 2 Md€ si la loi Egalim était respectée partout. Président du réseau Manger Bio, Gilles Simonneaux a observé une croissance de +15 % par an depuis 5 ans, qu’il attribue à l’impact positif de la loi Egalim. Le réseau réalise 30 % de son chiffre d’affaires de 60 M€ via les sociétés de restauration collective. « Nous avons besoin de partenariats sur du long terme pour structurer des filières », a-t-il insisté. « Des partenariats pourraient être développés dans beaucoup de régions. »
T.L.B.
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