Dans la soirée du 16 février, l'Assemblée nationale a adopté en première lecture la proposition de loi déposée par Olivia Grégoire, membre du groupe présidentiel Ensemble pour la République, visant à instaurer des séances d'éducation au goût à l'école. La proposition de loi doit maintenant être adoptée par le Sénat.
La proposition de loi d’Olivia Grégoire vise à instaurer au moins trois cours d’éducation à l’alimentation par an (sur le temps scolaire existant), de la petite section au CM2, puis de la réalisation d’au moins un projet dans le cadre du parcours éducatif de santé au collège, et d’un module facultatif en lycée professionnel. Les académies volontaires mèneront une expérimentation pendant trois ans. Ce texte émerge en réaction à la montée de l’obésité dans la population, la méconnaissance des produits et les habitudes alimentaires des plus jeunes.
Deux fois plus de fast-food chez les jeunes
« L’obésité progresse beaucoup plus vite que nos politiques de prévention», a alerté Olivia Grégoire. « En 20 ans, elle a doublé chez les adultes et elle a été multipliée par quatre chez les 18-24 ans. » En France, un adulte sur deux est en surpoids et un sur cinq est obèse. Les personnes défavorisées sont quatre fois plus atteintes par cette pathologie. L’Institut Montaigne a chiffré à 125 Md€ les dépenses annuelles pour l'État pour traiter les impacts et les conséquences de la malbouffe sur la santé des Français.
L’ancienne ministre a aussi été frappée par un sondage réalisé en 2024 « qui avait démontré que plus de 20 % des jeunes de 15 à 24 ans ne faisaient pas la différence entre une courgette et un concombre. » Aujourd’hui, elle s’inquiète de leurs habitudes alimentaires (les jeunes consomment près de deux fois plus de fast-food que le reste de la population) et de leur méconnaissance de la saisonnalité des produits.
87 % d'approbation selon un sondage
En octobre dernier, 80 % des 1 219 Français interrogés dans le cadre d’un sondage mené par OpinionWay pour l’Assemblée nationale déclaraient que l’école devait « jouer un rôle important dans l’éducation alimentaire des enfants », les plus jeunes étant les plus enthousiastes à cette idée. Ils plébiscitaient des ateliers et animations, devant un enseignement obligatoire. 87 % étaient favorables à la mise en place d’un enseignement scolaire obligatoire pour apprendre aux enfants à bien manger. La proposition de loi d’Olivia Grégoire crée un fonds pour « accompagner financièrement les communes les plus modestes dans l'organisation d'activités pédagogiques, d'interventions extérieures ou encore de visites scolaires liées à l'éducation et à l'alimentation, financer, si c'est nécessaire, une petite partie de la rénovation des espaces de restauration collective, au moins pour permettre l'organisation d'ateliers et de temps d'activité dans un cadre adapté lors de la pause déjeuner, et enfin pour permettre d'accompagner la formation du personnel de cantine. »
T.L.B.
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