Le SNRC met la restauration scolaire au menu des municipales

Le SNRC met la restauration scolaire au menu des municipales
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Le 17 février, le Syndicat national de la restauration collective (SNRC) présentait dans le salon pourpre du Sénat les résultats d’un sondage réalisé par Ipsos bva. « C’est un moment important pour nous car il va déconstruire des idées reçues véhiculées par des parents véhéments, c’est très positif », s’est félicité en préambule Isabelle Aprile, présidente du SNRC.


L’enquête d'opinion réalisée en ligne en janvier a interrogé 1 300 personnes, en mettant l’accent sur les parents d’enfants de moins de 18 ans, à propos de leur vision de leur alimentation et du rôle de la restauration scolaire. Premier constat : la restauration scolaire est au cœur de la vie des enfants : 82 % d’entre eux mangent au moins deux fois par semaine à la cantine (contre 69 % des étudiants et 40 % des salariés). Une alimentation saine et équilibrée est importante pour 94 % des parents, tandis que le bio ne l’est que pour la moitié.


Outil de santé publique


Même s’ils ont encore une méconnaissance du cadre réglementaire (achats de qualité, de produits français), 70 % des Français estiment que la restauration scolaire a « changé positivement ces dernières années ». « Un parent sur deux pense que la restauration scolaire sert un meilleur repas qu’à la maison », a exposé Adélaïde Zulfikarpasic, directrice générale du pôle Société d’Ipsos bva. Il y a une « prise de conscience d’un modèle extrêmement vertueux : les convives et les parents commencent à en voir les effets positifs », a prolongé Isabelle Aprile. « Une prise de conscience de la valeur sociétale et pédagogique de ce modèle, qui permet de manger de manière saine et équilibrée, de découvrir des saveurs. »


La restauration scolaire est perçue comme un rempart contre la précarité et la malbouffe, un levier d’éducation au goût. 79 % des Français considèrent qu’elle est un outil de prévention efficace pour préserver la santé des enfants, ce qui justifie d’investir pour réduire les dépenses en santé publique sur le long terme. Alors que la valeur de la restauration collective est estimée à 8 Mds€, l’Institut Montaigne chiffre à 125 Mds€ le coût de la mauvaise alimentation en France. « On parle désormais de la restauration collective comme un d'outil de santé publique, nous nous en félicitons », a souligné Isabelle Aprile. « Pour aller plus loin, il faudrait sanctuariser ce service public et le rendre obligatoire. »


Transparence des coûts


À moins d’un mois des élections municipales, la restauration scolaire s’érige comme un sujet important, voire prioritaire aux yeux des personnes interrogées, qui y voient la convergence de leurs préoccupations de sécurité et de pouvoir d’achat. 74 % d'entre elles considèrent que les enfants mangent mieux à la cantine que chez eux et 83 % que la restauration scolaire permet une alimentation accessible à tous.


Dans le même temps, les Français ont une méconnaissance du fonctionnement du secteur. « Il y a besoin de transparence et de pédagogie, de plus communiquer », a insisté la présidente du SNRC. « Nous militons pour la transparence des coûts de la restauration collective, comme le fait désormais l’Assurance maladie par exemple. »


T.L.B.

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