Restauration Collective - 292 - Octobre 2016

Tous les participants de « Don’t waste our future ! » avaient rendez-vous le 27 mai à la Maison de l’Unesco pour assister au bilan du projet et présenter leurs actions. photos ©A .Caillou_L’ Œil Témoin_Passerelles

Scolaire

La chasse au « gaspi » dépasse les frontières


Par son ampleur, le projet de lutte contre le gaspillage alimentaire « Don’t waste our future ! » essaime les actions dans sept pays européens. En France, le département de l’Essonne est en première ligne.

L’effervescence et l’excitation étaient plus que perceptibles le 27 mai dans le hall de la Maison de l’Unesco à Paris (7e). Lycéens et enseignants animés par une belle dynamique avaient rendez-vous pour assister au bilan du projet européen de lutte contre le gaspillage alimentaire « Dont’t waste our future ! ». Un projet né de la coopération entre sept pays (Belgique, Chypre, Écosse, Espagne, France, Italie, Portugal) et qui a fédéré en deux ans 1 500 lycéens, 2 000 écoliers, 150 enseignants, 50 collectivités locales et 60 parties prenantes (associations, centres de recherche, acteurs publics…). Le niveau sonore était à son comble quand Jean-Michel Valantin, haut fonctionnaire au développement durable au ministère de l’Éducation nationale, a ouvert le forum. Si les raisons et les enjeux du gaspillage alimentaire sont complexes, l’engouement des lycéens pour cette démarche menée dans la co-construction montre à quel point chacun peut (et doit) jouer un rôle en apportant sa contribution à la réduction du gaspillage alimentaire à son domicile comme en restauration. 

Un projet construit par étapes
Dès la rentrée 2015, six classes de lycéens engagés dans le projet ont été sensibilisées aux origines et aux effets du gaspillage alimentaire dans cinq lycées de l’Essonne. Au cours d’ateliers, ils ont débattu avec des professionnels – associations et entreprises – de la lutte contre le gaspillage alimentaire. Puis une petite délégation d’élèves, accompagnée d’enseignants et de représentants du Conseil départemental de l’Essonne, s’est rendue en octobre en Italie, en marge de l’Exposition universelle de Milan, au 1er forum des Jeunes et des Autorités locales contre le gaspillage alimentaire et pour le droit à l’alimentation. Un événement vécu comme « un grand moment » par les lycéens au cours duquel ils ont établi une charte sociale européenne(1).

Du concret avant tout
De retour dans l’Essonne, tout le monde a planché avec ardeur. Au lycée René Cassin d’Arpajon, l’action encadrée par Catherine Fabregue, enseignante en économie et gestion et Muriel Bellemère, enseignante en physique-chimie ont réussi « à créer une réelle dynamique sur le sujet du développement durable en lien avec différentes disciplines, précise la professeure d’économie. Nous avons travaillé avec une classe de seconde de 36 élèves. Certains sont intervenus dans les écoles primaires en réalisant des animations pédagogiques pour sensibiliser les plus jeunes. Au sein de l’établissement, les élèves ont mené de nombreuses actions concrètes. Notamment un partenariat pour le recyclage du pain non consommé au restaurant avec l’association Moino91(2), le tournage d’une vidéo "Cantine d’autrefois et d’aujourd’hui" afin de faire prendre conscience à la génération actuelle de l’importance du gaspillage alimentaire, la réalisation d’une affiche de sensibilisation, et point d’orgue en février, une journée d’estimation du gaspillage sur les plateaux juste avant la dépose sur les tapis roulants. Au final, ce sont plus de 168 euros qui étaient gâchés ce jour-là sous la forme de nourriture jetée ou entamée ». Le lycée mène déjà depuis cinq ans des actions en matière de développement durable avec le conseil régional de l’Essonne. Pourtant, Thierry Lapôtre, chef de cuisine qui réalise avec son équipe de dix personnes 1 150 repas par jour sur deux selfs, estime que « le gâchis demeure difficile à gérer par manque d’informations précises sur l’évaluation des effectifs ». Quant au tri, même si ce professionnel de la restauration est convaincu et trie tout chez lui depuis 35 ans, il reconnaît qu’il « n’est pas toujours facile de faire passer le message ». Pour être en accord avec la réglementation, le lycée a investi dans trois tables de tri – deux pour les élèves et une pour les enseignants – mises en place à la rentrée 2016. « Pour les agents, il y aura une simplification des tâches avec la récupération d’assiettes vides, précise Serge Thépot, gestionnaire et comptable du lycée. En parallèle, nous menons une valorisation des déchets en adhérant à l’usine de méthanisation d’Étampes. Un agent sera désormais chargé du traitement des sacs et de la gestion des flux. Et les bacs seront récupérés une fois par semaine par le prestataire. » À suivre…

(1) La charte du projet est téléchargeable sur : http://www.dontwaste.eu/charte/?lang=fr
(2) L’atelier Moino91 collecte, trie, coupe, sèche, broie et met en benne ou sac du pain invendu en embauchant des personnes en parcours d’insertion. La matière est ensuite utilisée dans l’alimentation animale. Pour en savoir plus : http://www.atelier-moino91.com/

Don’t Waste Our Future en France

Effectifs : 500 élèves issus de cinq lycées, 10 écoles et un collège
Zone géographique : département de l’Essonne (91)
Les lycées concernés : Sarcey à Dourdan, Essouriau aux Ulis, Blaise Pascal à Orsay, Geoffroy de Saint Hilaire à Étampes et René Cassin à Arpajon.
Soutiens au projet : l’association Passerelles.info spécialisée dans le développement de programmes destinés aux professionnels de l’éducation dans les champs de l’environnement, de la santé et de la citoyenneté a piloté le projet pour la France. Elle a obtenu l’aide du rectorat de Versailles, de la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DDSDEN) 91 et des principaux des établissements engagés, du conseil départemental de l’Essonne et de nombreux acteurs locaux (villes et associations).

Isabel Soubelet


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